Ecrire. Encore. C'est comme une thérapie. J'ai envie d'écrire, j'ai besoin d'écrire. C'est comme un besoin vital. Manger, boire, dormir, écrire. Ecrire tout et rien, écrire plus que je ne parle. Ecrire mes envies comme mes craintes, parce qu'il faut bien poser ces putains de maux quelques part. J'ai la voix silencieuse, mais le bout de mes doigts dégueulent des mots en pagaille. Ce n'est pas beau, ce n'est pas rangé, et ça n'a parfois même pas de sens. Mais qu'importe. Ecrire pour vider son coeur, son esprit. Ecrire ses rêves, parce qu'en les écrivant, on les frôle, on les effleure. Ecrire ses peurs, parce qu'en les écrivant, on s'en débarasse, on s'en affranchit.
J'ai peur, oh que oui j'ai peur, ça me tord le ventre, ça coupe mon souffle. Je suis pétrifiée, immobile, incapable de faire quoi que ce soit. Tout bouge autour de moi, tout le monde avance, et je reste là, perdue, à regarder les autres s'éloigner et revenir. J'aimerais avancer, comme les autres, j'aimerais marcher, courir, mais je ne sais plus comment faire. Et d'un autre côté, j'ai peur d'avancer. Parce qu'avancer, c'est aussi aller vers l'inconnu, vers un monde qui ne sera peut être pas le mien. Alors je me retrouve ballotée entre deux désirs qui me rongent jusqu'au sang.
J'ai peur. Ouais, je l'avoue j'ai peur. J'ai peur parce que j'ai toujours été comme ça. Je suis quelqu'un qui vit dans le passé. Quelqu'un qui déteste les changements. Quelqu'un qui s'attache aux gens et qui n'arrivent plus à s'en séparer. Alors oui j'ai peur. J'ai peur que tout se finisse. Que la distance, les nouvelles têtes, l'éloignement, aient raison de nous. J'ai peur que vous fassiez vos vies, peur surtout de ne plus en faire partie. Parce que je sais très bien que moi, je n'arriverais pas à avancer. Je suis ce genre de filles, qui restent sur leurs acquis, qui se plaisent avec ce qu'elles ont, et qui ne cherchent pas plus loin. Si vous évoluez, je stagne. Si vous m'oubliez....
J'ai peur. Cette putain de peur. C'est ridicule, égoiste à en crever. On devrait vraiment me foutre des claques.
Vous ne comprendrez surement pas. Mais il fallait que j'écrive.